« En vivant et télétravaillant sur une île déserte en Indonésie, j’ai profondément changé et suis revenu à l’essentiel : me réapproprier une vie en pleine nature, revenir à des plaisirs simples. Pourquoi partir seul me demande-t-on souvent ? Paradoxalement pour être plus à l’écoute des autres et du monde, en prenant du temps qui m’échappe dans la vie moderne. Et puis pour reprendre Mika Waltari « La solitude rend sensible, non étranger à autrui. »

Un jour alors que je me promenais sur la plage de mon île avec le chien Gecko, j’ai fait la rencontre improbable d’une poupée amenée par la tempête. Elle ressemblait étrangement au Petit Prince et c’est ainsi que je l’ai nommée. Jusqu’à mon départ je suis venu le saluer et lui ai fait la promesse de venir un jour dans l‘un de ses univers, cette étrange planète qu’est le désert de sable. Pour nos retrouvailles nous avons fixé Oman et ses hautes dunes vierges.

Pour parvenir à mon camp, un homme du désert m’accompagnera et me transmettra ses connaissances. Ce sera un moment fort, il me fera découvrir ses traditions, la manière de vivre, d’évoluer dans ces immensités sans GPS, uniquement en se repérant avec les étoiles. De mon côté, j’essayerai de montrer qu’avec un faible investissement, on peut vivre en autarcie énergétique grâce au solaire et donc améliorer les conditions de vie dans les régions reculées.

Il s’en ira ensuite, me laissant seul face à la nature durant de longues semaines. Profitant du calme, je testerai à cette occasion différentes techniques de méditation dont j’ignore tout. Bien que travaillant en moyenne huit heures par jour a minima, devant assurer la logistique du camp, trouver de la nourriture (des scorpions ?), je prendrai néanmoins le temps de méditer. N’est-ce pas Gandhi qui disait à l’aube d’une journée : « J’ai tellement de choses à faire aujourd’hui que je dois méditer deux heures plutôt qu’une » ?

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Cette expédition permettra à nouveau de mettre en avant l’incroyable potentiel des technologies et des énergies renouvelables. C’est grâce à ces moyens techniques que je pourrai continuer de travailler à distance pour ma société, en totale autarcie énergétique. Le travail à distance concerne aujourd’hui plus d’un milliard de personnes. Sans prétendre résoudre tous les problèmes, il peut singulièrement jouer un rôle dans la lutte contre la pollution et la limitation de la population urbaine. Au-delà de l’ «écologie verte », il y a aussi l’«écologie humaine ». Le travail à distance offre de belles perspectives pour vivre et travailler autrement, réaménager notre occupation du territoire, repeupler des régions qui se vident mais aussi favoriser l’insertion des handicapés dans le monde du travail, sans être exhaustif.

Je souhaite partager cette aventure dans ce pays merveilleux en espérant qu’elle donnera l’envie à de nombreuses personnes de devenir à leur tour des « Web Robinson » et de trouver le bonheur. »

Gauthier Toulemonde